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Vendredi 27 avril 2007

La bonne nouvelle du 22 avril, c’est bien évidemment la défaite cuisante du Front national. Il n’y avait qu’à voir la tête de Jean Marie Le Pen, qui cyniquement affirme devant toutes les télévisions qu’il n’a pas dû comprendre le message français et que pour eux tout va bien dans le meilleur des mondes, pour apprécier l’ampleur du désastre : 10.5 % des voix et surtout 1 million de voix perdues entre 2007 et 2007 ! La faute à Sarkozy selon lui. L’analyse est juste mais elle est insuffisante… fort heureusement. Car réfléchissons un peu : y aurait-il de quoi être réjoui de voir les idées du Front national reprises par un Républicain ? Que cela changerait-il au fond ? Peu de choses en fait. 

Le vote utile n’est donc pas l’unique raison de cette défaite historique. L’autre vraie raison tient du népotisme : en poussant sur le devant de la scène sa fille, Marine Le Pen, contre les instances dirigeantes de son propre parti, Jean-Marie a pris un grand risque. Perdant. Car Marine Le Pen n’a eu de cesse depuis cinq ans de dépoussiérer l’image du FN en lui donnant de la respectabilité. Terminées les déclarations à l’emporte pièce. Oublié « le détail de l’histoire ». Ouvertes les discussions sur l’avortement, et même l’homosexualité. Quitte à façonner son image, en perdant un poids important quelques mois avant la grande échéance. Louis Aliot, secrétaire général du parti, roucoule son accent du sud-ouest en donnant l’image du gendre idéal, aux propos bien pesés. L’image glamour doit séduire au-delà des aficionados acquis d’avance. Pour aller plus loin qu’en 2002, le but était simple : faire du FN un parti comme les autres, ouvert au dialogue, loin des victimisations et autres plaintes l’ostracisant. Voilà pourquoi le retour au bercail de Mégret fut plus que froidement accueilli par les nouvelles têtes pensantes du parti. 

Mais le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. C’est même une gifle qui s’est abattue sur celle qui devait être la digne héritière du royaume. Pourquoi ? Tout simplement parce que le noyau du FN ne s’est pas reconnu dans cette démarche immaculée. Un FN « propre » facilite l’accès des plateaux de télévision mais désarçonne ceux pour qui le parti est avant tout une voix de contestation et de provocation. Le Pen s’en rendit compte fort tard, et ses aboiements de dernière minute destinés à salir l’éligibilité éthique et morale de Sarkozy en précisant que trois-quart de ses grands parents n’étaient pas français, ne suffirent pas. La gangrène était dans le fruit. Pourri.

Excellente nouvelle pour la démocratie : car l’idée d’un FN respectable dirigée par Marine Le Pen, qui obtiendrait des scores équivalents à 2002 avait de quoi effrayer tous les Républicains. Il n’en est rien et le scrutin du premier tour vient de nous apporter la plus belle des nouvelles : pour exister, le FN doit faire des idées nauséabondes son fonds de commerce. Il est donc condamné à rester dans le purgatoire des extrêmes. Il ne sera jamais un parti traditionnel. CQFD.

Par Snoopyves - Publié dans : Actu
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Vendredi 27 avril 2007

Aura lieu ? N’aura pas lieu ? Les tractations autour du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou ne cesse d’alimenter les chroniques journalistiques. Un instant prévu devant la presse régionale, puis sur Canal plus, la rencontre est finalement annulée pour des tristes raisons d’égalité de temps de paroles. Sauf que le CSA affirme n’avoir rien interdit. Alors à qui profite la non-tenue d’un tel débat ? Ne serait-ce pas à celui qui s’offusque haut et fort en disant que la finale se joue à deux et non à trois ? Le petit Nicolas aurait-il peur de voir Bayrou trop tirer la couverture à lui. Pauvre petit Nicolas… Imaginez un instant que sa victoire promise ne se métamorphose en piteuse défaite… Pauvre petit Nicolas… Vous comprendrez alors aisément qu’il n’a pas le choix. Pauvre petit Nicolas… Alors il est obligé de faire pression, de jouer de ses influences médiatiques. Pauvre petit Nicolas… Ce n’est pas de sa faute à lui, si les autres ne veulent pas jouer à son jeu, ou plus précisément avec ses règles du jeu… Il se sent comme trahi le pauvre petit Nicolas. Heureusement la pression ne laisse pas de preuves. Ni vu, ni connu… Mais le pauvre Nicolas est de plus en plus triste : plus il s’exaspère et s’agite, plus le débat prend de l’importance de l’autre côté… Décidément, il n’a vraiment pas de chances le pauvre petit Nicolas…

PS : euh le post-scri... pas le parti : excellente caricature provenant du site ttp://www.leplacide.com, à consulter de toute urgence (pub bénévole et désintéressée car je ne les connais pas ! )

 

 

 

Par Snoopyves - Publié dans : Actu
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Jeudi 26 avril 2007

Incorrigible politique française ! Il n’y a au final pas plus conservateur qu’un Français. Durant toute la campagne, les troupes de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy n’ont cessé de clamer que François Bayrou était de droite, comme le fut pendant longtemps l’UDF. Pendant ce temps, ce même Bayrou claironnait haut et fort, avoir voté une motion de censure contre cette même droite durant la dernière législature, s’être opposé farouchement à certaines décisions de l’UMP, y compris contre l’avis de son propre parti, dire et prouver qu’il n’y avait pas plus opposé que sa conception du monde et celle de Sarkozy, vouloir mettre un premier ministre de gauche s’il était président… Rien n’y fit. Bayrou n’était qu’un candidat de droite.

Au soir du premier tour, Bayrou le centriste, recueille 18.57 % des suffrages à l’élection présidentielle. Il est courtisé par tous. Danse macabre et hypocrite qui consiste à se partager la dépouille du perdant. Vautours assoiffés de voix, prêts à reconnaître en cet ennemi juré qui n’avait aucun programme, un homme respectable qui a fait une campagne brillante autour d’idées intéressantes (sic). Et Ségolène Royal, qui refusait de prononcer son nom (c’est comme pour Candyman, si tu le répètes cinq fois de suite, il vient te hanter… pour le deuxième tour. D’où la question : Ségolène parle-t-elle en dormant ?) change de stratégie et l’invite à débattre en public, lui offrant sur un plateau des places de ministres.

 

 

Décidément, la politique française n’a toujours pas changé : magouilles, petits arrangements entre amis, ou même menaces, quand l’UMP prévient qu’elle n’hésitera pas à anéantir la force du centre, comme jadis Chirac le tenta en créant un parti unique, l’UMP.

 

 

Car en vérité, ce que ne digèrent ni le PS, ni l’UMP, c’est de voir une troisième force les concurrencer. Cette place, dévolue depuis 10 ans au FN, était minée, puisque l’extrême droite pouvait au mieux menacer au 1er tour, mais sans jamais prétendre accéder au pouvoir. La nouvelle force incarnée par Bayrou est autrement plus dangereuse : elle a la prétention de prendre le pouvoir et en a les moyens par les urnes. Et c’est là le grand danger : car quand on est deux, on est sûr d’être en finale. Quand on est trois, c’est bien plus complexe de s’en assurer. Le PS et l’UMP ne sont pas prêteuses, c’est là leur moindre défaut. Garantir le bipartisme, c’est garantir la bipolarisation de l’échiquier politique, c’est préserver son poste d’élu, et s’assurer que tout le monde sera bien servi.

 

 

Voilà pourquoi depuis deux jours les commentaires, qu’ils soient de la politique ou de la presse, persistent à dire que Bayrou doit prendre la place d’un PS vieillissant pour s’imposer, sans quoi son projet échouera. Voilà pourquoi, l’on raille le « ni, ni » de Bayrou, Robien qualifiant même d’immoral son manque de décision (bel argumentaire de celui qui n’a rien compris : mais les profs avaient déjà une longueur d’avance sur ce rejeton de la politique « cuisine l’ancienne »). Voilà pourquoi tout le monde fait mine de ne pas comprendre que Bayrou veut fonder un parti central, qui ne détruit pas la droite et la gauche mais qui en tire le meilleur, en ne se fondant pas sur une fracture et une opposition mais sur une union, faisant fi des mécanismes archaïques qui donnent une piteuse image de la politique et de ses pratiquants…

 

 

Mais voilà, chacun reste irrésistiblement dans ses ornières politiques, en exigeant du futur président du parti démocrate qu’il se décide à faire un choix tranché. La gauche incite à voter contre le méchant. La droite continue sa campagne au son du « nous sommes des gentil s ». Personne ne veut entendre cette journaliste finlandaise, qui lors de la conférence de Bayrou, hier après midi demandait pourquoi les Français avaient peur d’avoir trois partis en concurrence, comme cela fonctionne parfaitement dans son pays depuis quinze ans, au point de voir un grand quotidien assurer la promotion du bipartisme (Mais l’on est rodé, en France, à l’attitude tyrannique et hautaine du Monde…). Les grands guignols tournent à plein régime, et la panoplie de Monsieur Filerin est à nouveau enfilée, avec un cynisme exacerbé : « N’allons point, dis-je, détruire sottement les heureuses préventions d’une erreur qui donne du pain à tant de personnes. » (Molière, L’Amour Médecin, III-1). La nuance s’efface au profit de la caricature. Il faut dire que le manichéisme a encore du temps devant lui : un quinquennat. Mais qu’en sera-t-il dans 5 ans ?

 

 

Par Snoopyves - Publié dans : Actu
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Dimanche 8 avril 2007

Mais pourquoi faudrait-il voter Bayrou ? L’a priori ne lui est guère favorable, et les médias, friands du prêt-à-penser, et des schémas facilement digérables pour la populace ne font rien pour refreiner des apparences, qu’eux-mêmes fabriquent et entretiennent : Bayrou a toujours appartenu à la droite catholique, il a été ministre de Balladur à l’éducation nationale en voulant réformer la loi Falloux, son idée de rapprocher droite et gauche est utopique et fait irrémédiablement penser aux dérives de la IVème république qui fut morte-née… En bref, le reader digest « Bayrou » diffusé par toute la presse et par tous les adversaires de Béarnais, inquiets de voir « Monsieur 6% » venir leur chauffer le derrière s’est fait tailler un costard sur mesure en moins de temps qu’il ne lui en a fallu pour grimper dans les sondages… 

 Et pour discréditer une fois pour toute cette montée spectaculaire, les uns, adeptes de la victimisation et de « l’inégalité des races » (bouh, j’ai la nausée…) ont évoqué un complot des médias (cessez de rire, je vous entends d’ici ! Un peu de concentration !) ; les autres, en tête des indices d’opinion depuis plus de 18 mois ont taxé le nouveau venu de... populisme (Non, là on ne s’entend plus ! Je vais devoir vous demander de  sortir : vos rires m’empêchent de me faire entendre !)… Mieux vaut en rire ceci dit ! 

 Revenons donc à cette question originelle : Mais pourquoi faudrait-il voter Bayrou ? Et s’il fallait des arguments, Mesdames et Messieurs les bien pensant, les donneurs de leçons en tous genres, prenez note : 

1. Bayrou ne promet pas à tout-va, en prostituant son programme et en cédant au complaisant égocentrisme dans lequel baigne la campagne qui doit avant tout s’occuper au petit sort de chaque individu, occultant les véritables pouvoirs d’un président de la république sous la Vème république…

2. Bayrou veut mettre fin à cette insupportable rhétorique politique qui consiste à voter contre toute proposition, aussi constructive soit elle, dès que l’on est dans l’opposition. Un comportement immature, anti-démocratique, et bien irrespectueux des électeurs.

3. C'est l’unique candidat à tenir compte de l’endettement de la France, qui fait qu’aujourd’hui, n’importe quel foyer gérant son budget comme la mère patrie, se retrouverait en prison pour de longues années, montré du doigt comme un paria inexcusable. En proposant de mettre dans la constitution un loi qui empêche de présenter un budget déficitaire, il impose une rigueur que n’ont ni Sarkozy, ni Royal, sans parler de l’ensemble de l’extrême gauche qui présente des programmes suicide pour l’économie française. 

 Il serait aisé de gloser plus encore sur tous les avantages de son programme, mais je ne suis pas dans le militantisme acharné, que l’on aurait tôt fait de me reprocher… J’offre juste une opinion, qui me semble fondée sur le bon sens, et qui préfère donner une chance, quitte à ce que le pari soit perdant, à quelqu’un qui propose quelque chose de juste, cohérent et démocratique, plutôt que de céder aux sirènes du vote utile… Vote utile, dites-vous ? Mais les sondages ne donnent-ils pas le candidat centriste en tête au 2ème quelque soit son adversaire ? Et les chiffres bruts des sondages ne mettent-ils pas Bayrou devant Royal ? Allez, soyons sérieux…

 

 

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Mardi 16 janvier 2007

                        Rondeau royal

 

            Bien aimée en Chine, l’on dit, jamais ne perd,

 

Toute bravitude affichée, vous faites taire

 

Les ennemis, petits, à la langue de bois

 

Les asceptiques sans pensitude ni foi

 

Qui ose encore face à vous croiser le fer ?

 

 

 

Avec grande effication votre savoir-faire

 

Jaillit en tous feux dans notre charmante sphère

 

La langue pour vous n’a plus de secrets en soi

 

Bien aimée en Chine

 

 

 

Déesse, Proche si proche de Dieu le père

 

Proche si proche de ton très grand peuple frère

 

Tu montres ta proximation, respect à toi,

 

Le vocabulaire s’enrichit par ta voix,

 

Bien aimée en Chine

 

 

Par Snoopyves - Publié dans : Actu
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