Lille, le 24 février 2006
L’islam n’a-t-il pas perdu toute crédibilité dans l’affaire des caricatures, qui secoue l’Europe et les pays Arabes depuis quelques semaines ? On est en droit de se poser cette question tant les réactions dans cette affaire paraissent démesurées. Mais il convient de prendre deux angles différents pour analyser la situation : celui du Moyen Orient et celui de l’Europe.
Une société univoque
Que les pays musulmans aient réagi avec véhémence n’a rien de surprenant. Sur des terres où l’Islam est une religion d’Etat et où la liberté d’expression se réduit à une simple exégèse du Coran, le contraire eût été surprenant. Mais cela n’excuse pas pour autant les propos et les actes qui ont suivi la publication de dessins aussi ratés qu’inoffensifs. Les dirigeants de ces Etats s’estiment choqués et insultés. Certes. Mais incendier des ambassades est-il la réponse adéquate ? Où se trouve alors la caricature ? Sur quelques bouts de papiers griffonnés ou dans les cendres des vestiges ? Sans occulter le fait, qu’un pays tout entier paye pour l’œuvre de douze caricaturistes, comme le rappelle Yves Simon, dans l’édition du 21 février de Charlie Hebdo : « on va comme un seul homme brûler des ambassades (…) en confondant allégrement des individus et leur territoire, des dessinateurs et leur nation ». La généralisation et l’ostracisme : n’est-ce pas là le signe distinctif d’un comportement raciste ? Quand on sait en outre que les opposants aux partis en place croupissent dans les prisons, quand ils ne sont pas purement et simplement assassinés, l’on comprendra mieux alors comment ces Etats s’accommodent de la liberté d’expression. En refusant le débat, le Moyen Orient ternit son image, et discrédite ses principes. Et Yves Simon de rappeler « Pas de critique, donc pas de liberté… »
Des revendications opportunistes
Pour l’Europe, la donne est plus complexe. Les Musulmans sont pour la plupart complètement intégrés dans ce que l’on appelle le monde occidental, tant matériellement que civiquement. Ils savent tous que la loi de la République supplante la loi religieuse. Pour autant, ils n’en demeurent pas moins contradictoires dès qu’il est question d’Allah et de Mahomet. Comment expliquer que les caricatures ont provoqué une vague de protestations sans précédent, depuis les quartiers généraux des associations, jusque dans la rues, en passant par les écoles, alors qu’en septembre 2001, seules quelques timides désapprobations s’étaient fait entendre ? Dans les deux cas pourtant, l’image du prophète a été bafouée. Mais il semblerait qu’être sali par un crayon soit plus grave qu’être taché du sang de presque trois mille victimes. Chaque année des milliers de meurtres et d’attentats sont perpétrés au nom du prophète et de Allah. Voit-on pour autant des Musulmans défiler dans la rue ? S’ils ne sont pas en accord avec les extrémistes et leurs actes barbares, ne doivent-ils pas se sentir insultés par ces ignobles exactions ? La grande différence entre ces carnages et l’affaire des caricatures, c’est que ces dernières peuvent se gommer. Pas les crimes.
Etre ou ne pas être
Car la religion musulmane se retrouve face à ses contradictions. Les Musulmans d’Europe reprochent souvent aux autres citoyens de faire un amalgame dangereux entre Musulmans et terroristes. Et l’on a longtemps cru que l’intolérance du vieux continent contribuait à ce quiproquo guère acceptable. Mais existerait-il un amalgame si l’Islam se désolidarisait systématiquement et frontalement des terroristes ? S’il est évidemment une hérésie de penser que la majorité des Musulmans sont extrémistes, est-il si stupide de croire que leur influence sur les pensées est loin d’être anecdotique ? Et les jeunes générations, en perte de repères et d’identité (mais évidemment, cela tient également de la responsabilité des états respectifs), sont certainement celles qui sont les plus faibles face aux discours fondamentalistes. Pour preuve, cette étrange tendance, en bas des cités ou dans les cours des collèges et des lycées, à s’approprier, au moins par la parole, le conflit israelo-palestinien, bien qu’étant à plusieurs milliers de kilomètres des lieux. Sans connaître les vrais acteurs de ce terrible drame, ni même connaître les origines historiques du problème. Pourquoi ? Tout simplement parce que la religion devient un étendard autour duquel ils trouvent une cohérence et sont reconnus. La plupart d’entre eux ne lisent pas le Coran, ne maîtrisent pas la langue arabe, si ce n’est quelques expressions utilisées au bled, et ignore ce qu’un prophète. De la même manière ils ne définissent pas un Juif comme celui qui pratique la religion juive mais comme celui qui a de l’argent et qui s’opposent à la liberté d’être Musulman. Tout tourne donc autour de l’identité du Musulman. C’est leur signe distinctif, le lien précieux qu’ils revendiquent ostensiblement. Le problème n’est pas alors d’être un bon religieux, mais de protéger par n’importe quel moyen l’image de l’Islam. Tout devient une question d’apparence et d’appartenance. C’est pourquoi, l’Islam désapprouve les activistes extrémistes, sans pour autant les combattre. Pourquoi ? Parce qu’ils sont eux aussi des Musulmans. On n’agit plus au nom d’Allah ou du prophète, mais au nom des Musulmans. Dès lors leur vision du monde devient manichéenne : il y a d’un côté les bons Musulmans pieux et de l’autre tous les non-croyants, qui sont coupables par nature puisque infidèles. Tout cela a un nom : la xénophobie. Une révolution religieuse et culturelle fondée sur un élan critique s’impose. Encore faut-il que, de leur côté, ils la sentent nécessaire…

re 1995 et 2002 et seule l’abstention a gonflé son pourcentage face à une gauche qui elle a perdu bon nombre de ses électeurs – que du plan ultra sécuritaire préparé par le nouveau gouvernement. Tout simplement, parce qu’il y avait peu de chance qu’au deuxième tour, Le Pen augmente son score, malgré les rumeurs alarmistes qui circulaient (ceci dit cela ne justifie en rien l’attitude très controversée d’Arlette Laguiller car quoi qu’elle en dise, il s’agissait d’un vote républicain, et non d’un deuxième tour des présidentielles) alors que les législatives ont donné les pleins pouvoirs au nouveau gouvernement, et ce pour au moins cinq années, cinq longues années sans élections, c’est-à-dire sans offrir la possibilité aux électeurs de remettre en question le pouvoir en place, sans alimenter un débat démocratique, puisque l’UMP détient la majorité absolue à l’assemblée et au Sénat.
’heure d’évoquer les prémices d’un programme, plus d’un furent circonspects et dubitatifs, devant des déclarations sans saveur ni novation de celle qui se devait de représenter la renaissance de la Gauche. Pourtant le jeudi 1er juin, Ségolène a marqué un grand coup : en proposant des internats relais pour les adolescents incivils voire délinquants et en préconisant la mise sous tutelle provisoire des allocations familiales, la numéro un du PS dans les sondages français a voulu annoncer la couleur. Le mauvais procès a alors commencé. Les grands penseurs de la gauche crient au scandale, à la Sarkozysation, à la Lepenisation. Mais le pays serait-il à ce point malade et crétin, qu’il en serait forcément manichéen ? Pourquoi serait-on de droite ou de gauche ? Dans le bien ou le mal ? Sans nuance ! Au point de nier toute idée adverse, comme ces combats de coqs pathétiques à l'Assemblée ? A la vérité les grands éléphants de PS devraient y réfléchir à deux fois avant de s’exprimer dans le but de récupérer l’approbation de leur parti. Et aller dans les écoles, les collèges et les lycées pour comprendre que la situation est presque désespérée. Le laxisme inspiré par des pédagogues à la noix s’est imposé dangereusement dans l’éducation nationale, engluée par des syndicats dont le seul objectif est de préserver leur influence en prônant le statisme le plus complet quand la société évolue. Actuellement les élèves sèchent dès l’âge de 12 ans, insultent professeurs, CPE, principaux et autres personnels ATOS qui travaillent durement pour rendre les établissements agréables à vivre. Bon nombre de parents justifient corps et âmes des actes répréhensibles, y compris par la loi, au mépris du personnel, se laissant submerger par l’émotivité et la subjectivité du lien familial. Notre école et notre jeunesse sont malades car l’éducation dans les familles n’existe plus. Plus de repères, de cadres. Y remédier est-il alors l’apanage de la droite et de la droite extrême ? Mais quelle bêtise ! Autant les prises de positions parfois conservatrices de Royal au cours de sa carrière sont contestables, autant son nouveau projet sur la jeunesse est novateur et osé pour une femme de gauche. Une femme qui en a. Elle !